Blabla

J’ai craqué pour la Cup

C’est quoi, la Cup ?

A ma grande surprise, quand je dis autour de moi que j’ai investi dans une « Cup », je me retrouve pas si rarement que ça fasse à de grands yeux ronds qui se demandent ce que ça peut bien être que cette Cup. Pour ce qui est des hommes, pas étonnant. Mais mesdemoiselles, si je vous parle de coupe menstruelle, tout de suite, ça devrait vous mettre la puce à l’oreille.

Comme son nom l’indique, c’est une coupe en forme d’entonnoir qui sert à recueillir le flux menstruel. C’est donc une protection hygiénique au même titre que les serviettes et les tampons. Ce petit objet barbare est généralement fait de silicone ou de « TPE de qualité médicale », et s’introduit directement dans le vagin, sous le col de l’utérus. Sa tige permet de la retirer plus facilement.

La Cup, c’est pas tout neuf. En fait, les premières sont apparues avant la seconde guerre mondiale, mais elles n’ont pas vraiment eu de succès du à des pénuries de caoutchouc (en quoi elles étaient alors fabriquées), à des risques allergiques et à son principe même (source wiki). Cependant, depuis quelques années on voit de plus en plus d’articles fleurir sur le sujet, vantant les mérites de ce nouvel instrument qu’on présente comme une véritable libération pour les femmes vis à vis de leur cycle.

Mon rapport à la Cup

Comme je le disais, depuis quelques années on attend beaucoup parler de cette fameuse coupe menstruelle. En fait, c’est même difficile de passer à côté, d’où mon étonnement lorsqu’on me demande ce que c’est que cette bête-là.

Un OVNI

Ceci-dit, la première fois que je suis tombée tout à fait par hasard là dessus, j’ai eu l’impression d’être face à un OVNI. Bon, ok, on se met « la chose » dans le vagin, et ensuite ? Déjà, je ne comprenais pas bien en quoi un entonnoir pouvait s’avérer pratique, puisque pour moi un entonnoir, c’est percé des deux côtés (en l’occurrence, pas du tout, évidemment). En plus, ça me paraissait énorme, peu pratique à manipuler et surtout sale à utiliser.

Se faire à l’idée

Mais je crois que finalement, à force d’entendre maintes et maintes personnes venter ses mérites, on finit par se faire plus ou moins à l’idée (comme quoi, y a que les imbéciles qui changent pas d’avis). Seulement pas suffisamment pour sauter le pas, toujours rebutée par son aspect pas pratique et peu hygiénique. Après tout, les tampons conviennent très bien (et on a encore le souvenir du cataclysme qu’a été la première application d’un tampon), alors on ne va pas trop bousculer ses habitudes.

Jusqu’au jour ou…

L’option tampon n’a plus été possible pour moi, et ce pour plusieurs raisons. Pendant des années, j’achetais mes tampons avec applicateur en différentes tailles pour chaque phases de mes règles, je ne me faisais jamais ou très rarement avoir, et moi et mes menstrues étions en parfaite harmonie.

C’était sans compter le jour où j’ai décidé d’arrêter la pilule. Pour vous faire le topo, je suis passée de règles abondantes avant la pilule à des règles « cool » sous Leeloo Gé, jusqu’à une absence de règle quasi-totale sous Cérazette. Et le jour où j’ai tout arrêté c’est devenu la cata. Bon, abondantes, certes, mais ultra douloureuses et gênantes ? Sérieusement ?

Quand je vous dis que j’avais mal, c’est que réellement, j’avais mal. Mon premier jour de règle est une torture que je passe à me plier en 2 en priant pour que ça passe, et la plupart du temps je finis par prendre un antidouleur, à contre-coeur, pour me soulager. Le hic, c’est que j’avais la sensation que les tampons empirait encore la chose. C’est difficile à décrire, mais j’avais la sensation qu’ils faisaient un effet « bouchon » qui créait une pression supplémentaire et rendait le tout encore plus inconfortable et douloureux.

Cumulé à la galère de devoir changer mon tampon (en taille super) au moins toutes les deux heures au « pic » de mon flux, l’horreur qu’a été l’expérience de l’infection vaginale et les odeurs hyper désagréables que ça peut générer, j’en ai eu ras la coupe (LOL) et plus que de m’intéresser à la cup, j’ai décidé d’en acquérir une.

Des avantages déconcertants.

Et c’est vrai qu’un fois que c’est fait, tu te demandes ce que tu pouvais bien attendre pour t’y mettre, parce que c’est tout bénéf. C’est confortable, et même si elle ne l’est pas (ce qui veut dire qu’elle est simplement mal placée), au contraire d’un tampon sec tu peux te permettre de la retirer pour la placer de nouveau. Il n’y a pas le moindre risque d’allergie, on fait une réelle économie, c’est mieux pour la planète, et on ne suit plus ton odeur à la trace. Que demande le peuple ?

Le tout, c’est de se lancer.

Mon plus gros soucis à partir de là, ça a été de décider quelle cup j’allais choisir. Sur les conseils d’une amie, je me suis dirigée vers la MELUNA Cup (revue ici), en version classique taille M, et bleue pailletée, s’il vous plaît. Mais je me suis aussi pas mal emballée, et soudainement, tout m’a paru simple comme bonjour.

En fait non, c’est un peu de pratique quand même. Si vous vous en sortez du premier coup, alors félicitation vous m’épatez. Sinon un petit guide, c’est pas du luxe. Il faut apprendre à la plier, et trouver le pli qui nous conviendra le mieux pour l’insérer. Ensuite, il faut réussir à la placer de manière à ce qu’elle ne fuit pas, mais qu’elle ne nous gêne pas non plus. Pour ça, je pense que les filles qui au préalable avait expérimenté le tampon sans applicateur ont une marge d’avance, parce qu’il va falloir littéralement s’explorer, et trouver le col de son utérus, qui lui-même s’amuse à monter et redescendre au fil du cycle, pour placer sa cup une à place optimale.

Les doigts dans le nez.

Ou pour être tout à  fait honnête, presque les doigts dans le nez, moyennant quelques petits accidents. J’ai reçu ma cup à la fin de mes règles, il m’a donc fallut patienter un mois supplémentaire pour tester « la chose ». J’étais plutôt tentée de l’essayer hors menstruations, et puis je me suis résignée, ayant peur de ne pas y arriver, de me faire mal et de me créer un blocage avant même qu’elle n’ait pu faire ses preuves. Finalement, je me suis lancée quand les premiers signes très explicites de mes ragnagna se sont fait sentir, dans l’idée que ce serait peut être plus simple pour une première fois de faire ça tranquilou, sans empressement, avant que le flux n’arrive.

J’ai lu la notice comme une bible, et je ne faisais pas vraiment la fière. Mais quand faut y aller, faut y aller ! Et à ma (très) grande surprise, ça a été un jeu d’enfant. Mais vraiment. Je me suis assez naturellement détendue, j’ai plié la bête, et j’y suis allée sans stress… Croyez-le ou pas, d’un seul coup c’était réglé. Pas besoin de lubrifiant ou de m’y reprendre à 15 fois.

Ceci dit, une fois la chose domptée et introduite en milieu naturelle, il faut s’assurer qu’elle est correctement placée et déployée, pour n’être exposé ni à une gêne, ni à d’éventuelles fuites. C’est là que ça se complique un tout petit peu. Aucun soucis le premier jour, après l’avoir mise avant de me coucher. Au matin pas de règles, mais quelques pertes blanches qui n’avaient pas fuitées. En revanche, j’ai réussi à mal la positionner au tout début du flux, et forcément ça a coulé à côté. Mais bon, j’utilise quand même des protège slip par sécurité, donc ça n’a pas été la catastrophe, surtout qu’on le sent assez vite. Deuxième petit problème technique, premier jour de règle également : la coupe pleine. Et c’est là qu’on se rend compte de l »intérêt de la vider sous la douche, qui, clairement, m’a évité de repeindre ma salle de bain.

Notez qu’il y a également quelques fois où patience était le mettre mot pour m’entendre avec ma cup. Le col de l’utérus se déplaçant durant le cycle, j’ai du parfois m’y reprendre à plusieurs fois pour la placer correctement, et surtout pour en être sûre.

Une nouvelle routine à appréhender

Bon, adopter une cup, c’est aussi adopter une nouvelle routine. Pour autant, ça ne veut pas dire que c’est plus contraignant. Il suffit de s’organiser un peu, et ça ne pose pas plus de problème (voir moins) que de changer un tampon et une serviette.

En fait c’est plutôt simple. Avant, je retirais mon tampon, que je jetais, pour en remettre un nouveau. Maintenant je retire ma cup, je la vide et la rince, pour finalement la remettre en place. Je pense simplement à bien me laver les mains avant et après l’avoir vidée, et je garde toujours avec moi une bouteille d’eau (en extérieur) pour la rincer, et des lingettes intimes en cas de petits débordements. Et comme ma cup peut rester en place 8h à 12h, rares sont les occasions où je me retrouve à la manipuler en dehors de chez moi, qui plus est dans des toilettes publics ! Bon, là encore soyons honnêtes, ayant des règles très abondantes notamment sur le premier jour, là je table sur 3h au maximum avant de la vider (ceci dit, je vous rappelle que j’ai choisis une taille M).

Pour la stérilisation, je m’y prends au premiers signes des règles, juste avant de la placer, et une fois celles-ci terminée. Ça prend trois minutes dans de l’eau de que j’ai fait préalablement chauffer avec ma bouilloire, donc pas de quoi fouetter un chat…

Pour résumer :

C’est confirmé, plus jamais, de ma vie, je ne reporterai un tampon. Si de prime abord son utilisation sous l’angle pratique me paraissait beaucoup moins avantageux qu’une protection hygiénique classique, je me suis vite rendue compte que tout est au final question de patience et de self-contrôle. Et quelle libération… Ah oui, parce que, le passage aux toilettes toutes les deux heures, c’est fini !

D’après ma petite expérience personnelle, voici tous les avantages que je retire de ma cup, ses quelques éventuels inconvénients, et quelques conseils pour vous aider si vous avez décidé de vous y jeter.

Les + de la Cup :
  • Son prix : ma Meluna m’a coûté environ 20€ livraison incluse, ce qui revient à l’achat de 5 boîtes de tampons de marque environ. Le calcul est vite fait, elle est très vite rentabilisée, d’autant plus qu’on peut la faire durer jusqu’à 10 ans.
  • Sa composition : très douce et donc plutôt agréable à l’application, elle a en plus pour mérite d’être hypoallergénique. Adieu irritations maudites.
  • Son côté écolo : non seulement je ne me culpabilise plus de devoir jeter mon tampon dans les toilettes, mais je peux me faciliter de ne plus rien jeter du tout. Et le jour où elle aura fini son service, elle sera plus facile à recycler.
  • Son aspect pratique : je ne me retrouve plus en panique en constatant que les anglais sont là et que je n’ai plus de tampons. Quand bien même je n’anticipe pas l’arrivée de mes règles, il me faut 5 minutes pour la préparer et la mettre en place. On peut la vider et la rincer même sous la douche, et j’ai enfin libérer mon sac de l’oppresseur (comprendre les multiples protections hygiéniques qui ne demandaient qu’à s’extirper de leur emballage en public), et j’ai besoin de la vider beaucoup moins souvent que je ne changeais mes tampons.
  • Son côté esthétique et discret : c’est tout petit, ça ne prend pas de place, ça n’a pas de forme suspecte, on ne voit strictement rien une fois qu’elle est en place (contrairement à la ficelle disgracieuse qui dépasse du maillot de bain), elle est proposée sous de jolies formes et tout autant de belles couleurs, le tout dans une sympathique petite pochette.
  • Son confort : on ne la sent pas, pas du tout. Elle s’adapte complètement aux formes et aux mouvements du corps. Elle peut être replacée très facilement. Et cerise sur le gâteau, elle n’est à l’origine d’aucune odeur dérangeante !

 

Les – de la Cup :
  • Il ne faut pas être répugnée par ses propres menstruations : parce qu’il va falloir mettre (littéralement) les mains dans le camboui.
  • Il faut être très à l’aise avec son corps : c’est à dire ne pas être dégoûtée à l’idée de tâtonner son intimité.
  • Il ne faut pas être impatiente : parce qu’il n’est pas toujours évident, d’arriver à la placer correctement du premier coup. Mais il y a une chose sur laquelle je suis totalement d’accord, c’est que le bénéfice est tellement grand que ça vaut le coup de réessayer !
  • Elle ne permet pas d’avoir des règles moins douloureuses : alors là, il y a débat. Certaines assurent que ça ne change rien, d’autres promettent qu’elles ont beaucoup moins mal depuis qu’elles sont passées à la Cup. En ce qui me concerne, je ne vais pas vous mentir, mes ovaires me travaillent encore pas mal, mais psychologique ou pas, ça n’a plus rien à voir avec ce que je vivais avec mes tampons.

 

Conseils :
  • Oui, je sais, c’est tentant de faire un test de sa Cup quand on la reçoit, quand bien même nos règles ne sont pas là. Je vous le déconseille, encore plus si vous avez des problèmes de sécheresse. Rassurez-vous, je doute que le retrait soit aussi horrible que celui d’un tampon sec, mais ça ne sera sûrement pas très agréable non plus, et le but n’est pas de s’en dégoûter d’emblée. Si vous tenez absolument à la tester avant vos règles, faites plutôt comme moi, et placez là juste avant vos règles, quand les pertes les annoncent et faciliteront sa mise en place.
  • Soyez patiente, détendue, et ayez confiance en vous. Ce sont pour moi les trois maîtres mots pour dompter votre Cup. Je me considère comme plutôt chanceuse d’avoir réussi à la positionner correctement du premier coup, mais si je peux le faire, il n’y a pas de raison pour que vous n’y arriviez pas. Il suffit de bien lire les explications, de prendre son temps, et de bien se détendre. Et si ça ne marche pas la première fois… réessayez !
  • Certaines Cup ne proposent que deux ou trois modèles, ce qui facilite le choix. En revanche, d’autres, comme la Meluna, proposent un choix assez impressionnant de Cup, que ce soit par la forme, la taille, l’aspect et la contenance. Si, entre autre chose, vous hésitez sur la taille, j’aurai plutôt tendance à vous conseiller de prendre la plus petite des deux si vous débutez. Rien ne vous empêche par la suite d’investir dans une taille au dessus, si celle-ci venait à ne pas vous convenir.

Et vous, la Cup, vous vous y mettez quand ?

 

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